28.12.2011

Les points sur le i

Un tréma, c'est très marrant. Deux petits points, l'air de rien, qui se côtoient et se poussent du rond.  Quand le tréma est là, on tressaille : il faut prononcer chacune des deux voyelles séparément. De l'air ! De l'espace ! De la liberté d'expression ! Elles ne se mêlent pas en un seul son, pas de fonte des lettres, pas de priorité à l'une ou à l'autre, mais une place pour chacune. Moi j'aime bien le tréma.

D'abord, il est rare. Quand on le voit, ça sent Noël. On pressent une coïncidence. Parfois, une ambiguïté ou même... une paranoïa. Sans être naïf, on reste stoïque et on se lance dans la prononciation distincte des deux voyelles. On croque du maïs en regardant passer les astéroïdes. Le tréma a de l'humour : il est le point commun du païen et d'Emmaüs.

Mais surtout... le tréma est présent sur les mots laïc, laïque, laïcité. Et pour moi, c'est un signe. Diacritique d'accord, mais plus que ça. C'est comme un logo, c'est comme un symbole. La fonction de la laïcité est matérialisée dans son tréma. De même que le tréma donne à deux voyelles différentes une place égale, la laïcité donne aux religions et à l'athéisme une place égale dans la sphère publique. Ces options n'en sont pas exclues, aucune n'est favorisée, on a le droit d'en parler.

 

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23:36 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enseignement des faits religieux, laïcité | |  Facebook