08/10/2012
La laïcité dans le projet de constitution
Un enseignement laïque laisse la place à la présentation de faits religieux, à une vision d’ensemble des formes d’expression du sacré. Ce n’est pas incompatible ! C’est, me semble-t-il, une bonne manière de développer l’esprit critique. Je trouve important que les enseignants abordent ces questions en classe, en donnant des repères ; sinon les élèves en parleront en-dehors de l’école, avec toutes les approximations que cela peut supposer.
L’article 193 du projet prévoit :
L’Etat organise un enseignement public, laïque et de qualité.
L’enseignement public a pour buts principaux :
a) La transmission et l’acquisition de connaissances et de compétences ;
b) La promotion des valeurs humanistes et de la culture scientifique ;
c) Le développement de l’esprit civique et critique.
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Commentaires
A l'article 193 il convient d'ajouter l'article 41.4 traitant de la mise en oeuvre des droits fondamentaux:
"L'Etat dispense une éducation au respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux".
Parmi ces droits fondamentaux figure la liberté de conscience et de croyance (art.25). Pour pouvoir respecter l'autre, il convient donc aussi de mieux connaître et comprendre sa croyance ou sa non-croyance.
Écrit par : Maurice Gardiol | 08/10/2012
L'étude du fait religieux est légitime. Peu importe nos croyances ou notre refus des croyances, les religions font intimement partie de notre Histoire, politiquement et culturellement.
Cette disposition du projet n'atteint pas au principe de laïcité. Nous vivons dans un monde complexe et multiple dont les lignes de force et les influences sont souvent difficiles à démêler, et où l'émotion immédiate prend parfois la place de la réflexion. Remettre notre Histoire en perspective est nécessaire, et le fait religieux y participe.
Écrit par : hommelibre | 09/10/2012
Bien d'accord avec vous, Maurice et Homme Libre. Il est légitime et utile que les religions soient abordées dans le cadre scolaire. Il est légitime et utile qu'elles le soient avec neutralité.
Même si, permettez un détail: en matière religieuse, les approximations les plus grosses sortent de la bouche des adultes.
Et la neutralité en matière religieuse me paraît un idéal très élevé.
Écrit par : Sérum | 09/10/2012
D'accord avec vous trois.
Et en effet, comme le rappelle Sérum, le plus difficile en matière de religion est l'exercice de la neutralité. Sans doute le plus idéaliste sinon le plus périlleux à pratiquer.
Très bon et vaste sujet, hommelibre!
Écrit par : Hélène Richard-Favre | 09/10/2012
@ Serum et Hélène Richard-Favre: Etre neutre en matière de religion, de politique: cela peut-il être un idéal?
Je ne pense pas aux conversions ou reconversions ni au prosélitisme, je pense seulement qu'être chrétien ou simplement honnêtement humain, ce n'est pas être neutre, me semble-t-il. C'est quasiment et forcément être hors systèmes.
Écrit par : cmj | 14/10/2012
cmj, oui: je pense que la neutralité est nécessaire dans la perspective d'un enseignement laïc des religions, et que c'est un idéal très élevé.
Je suis chrétien, je préfère donc un enseignant chrétien et cultivé, à même de tirer des ponts et des comparaisons entre chaque religion et la mienne, voyez? Idem, je suppose, pour un musulman, un ba'hai, un bouddhiste...
Mais d'un point de vue laïc, vu du DIP, la meilleure approche devrait être neutre, sans préférence, sans jugement, non?
Écrit par : Sérum | 20/10/2012
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