18.02.2012

Le contexte des Grands textes

Le Conseil d'Etat vient de répondre à la question écrite de Pierre Weiss : « Le Nouveau Testament est-il un petit texte ? ».

Sous aucun prétexte, je ne veux vexer le vertex de l'école. Je l'avoue sans complexe, je reste toutefois perplexe devant une affirmation contenue dans cette réponse :

 


l'enseignement des Grands textes ne saurait être confondu avec la transmission du fait religieux.

Pourtant, le Grand Conseil avait pris acte le 22 septembre 2006 de la réponse du Conseil d'Etat à la motion 1079 :

« Au vu des éléments qui précèdent, le Conseil d'Etat estime essentiel que l'enseignement du fait religieux soit mieux pris en compte dans les écoles publiques genevoises et charge le Département de l'instruction publique de prendre toutes les mesures utiles qui encourageront les enseignant-e-s à traiter du fait religieux dans leurs classes dans le respect de la laïcité à l'école ».

Alors l'enseignement des Grands textes... c'est quoi ?

 

Commentaires

La réponse du CE est-elle toute entière contenue (en bleu) dans votre mot? Ou une partie du texte a-t-elle sauté à l'enregistrement?

Ecrit par : MM | 18.02.2012

Voici le paragraphe dans son entier :
"L'enseignement des Grands Textes permet de susciter auprès des élèves une réflexion sur la multiplicité et la richesse des cultures et des sociétés, de développer leur capacité à reconnaître les différences, à respecter la pensée de l'autre et, tout simplement, à mieux vivre ensemble. Il s'inscrit dans une perspective non pas religieuse mais humaniste. Ainsi, cet enseignement n'empiète ni sur l'éducation inhérente à chaque famille ni sur les croyances qui relèvent de choix et de convictions individuels. Il ne saurait être confondu avec la transmission du fait religieux, l'enseignement religieux, voire la catéchèse".

Ecrit par : Marie-Jeanne Nerfin | 18.02.2012

Le DIP aurait dû mettre en oeuvre ce qu'il avait prévu de faire depuis 15 ans : parler aux élèves du fait religieux. Le melting pot des Grands textes est tout autre chose.

C'est une erreur de plus de ce département incapable de prendre à bras de corps une problématique importante.

Ecrit par : Jean Romain | 19.02.2012

Nous y voilà! La grande braderie peut commencer!
Qui jugera de la transmission ou non du fait religieux?
Qui choisira les textes?
Ca promet....!

Ecrit par : Duval | 19.02.2012

Le DIP a édité une brochure dévolue aux « grands textes ». Exit le « fait religieux », bonjour un enseignement où entreront quantités d’écrits qui, pour être importants, ne sont pas liés aux grandes traditions religieuses. On va y étudier des textes représentatifs de la diversité culturelle de notre planète ! Rien que ça ! Comment ne pas y voir la crainte d’un département devant l’enseignement du fait religieux, et qui noie cette richesse au milieu de textes qui n’ont pas de dimension sacrée.

Cette variété excessive va provoquer une dispersion de plus dans un C.O. qui pâtit de trop de dispersion. Par ailleurs, de l’aveu même des auteurs du projet, il s’agit de s’interroger sur les systèmes de pensée du monde, la liberté, le sens de la vie, etc. Autant de thèmes propres à la philosophie. Pourquoi ne pas engager des spécialistes de la philosophie qui, par leur compétence académique, garantissent la contextualisation de ces « grands textes » ? Cela libèreraient les profs d’histoire.

En fait, l’ampleur de l’inculture religieuse est un phénomène auquel nous nous serions acclimatés s’il n’était symptomatique d’une donnée bien plus dommageable : nous ne percevons plus clairement le sens de ce que nous faisons et nous redemandons à l’école de nous découvrir nos raisons de vivre dans un monde qui a fait du ludique sa référence principale.

Ecrit par : Jean Romain | 19.02.2012

et vive le retour de la secte des humanistes! avec l'année du Dragon sûr qu'une résurrection généralisée aura lieu dans tous les domaines sectaires, il y a en effet de quoi se réjouir!

Ecrit par : lovsmeralda | 19.02.2012

Prétendre respecter la prise de position de l'autre, sans faire connaître la sienne, c'est un peu court. Je vous invite chez moi, mais chez moi, je ne sais pas au juste où c'est? Ça donne envie de "vivre ensemble", vraiment!
On souhaite presque que ça n'ait pas été rédigé sérieusement.
Au fait, ce genre de réponse est-elle discutée avec le CE in corpore et "votée" avant d'être rendue publique ? Qui rédige, qui décide, qui diffuse? Mille merci pour vos réponses avisées.

Ecrit par : MM | 19.02.2012

Pourquoi l'enseignement ou dirons-nous une discussion informelle qu'une mère de famille peut donner à ses enfants sur les différentes croyances et autres spiritualités ne pourrait être diffusé par des professeurs d'histoire ou autres?

On peut commencer par les objets "à adorer". On peut les ranger en six catégories: célestes ( la lune le soleil, les astres). terrestres, les animaux, (serpents veau d'or) sexuels, humains et divins.

Alors que certaines tribus ne connaissent aucun dieu, d'autres ont adoré le Soleil. En Egypte, les pharaons étaient des Dieux vivants. Puis vinrent les trois monothéistes.

Nous y ajoutons les Grands Textes et avec la pédagogie qui est celle des enseignants, je ne pense pas qu'il y ait un problème.

Personnellement, j'ajouterai le Traité d'athéologie de Michel Onfray

Ecrit par : Noëlle Ribordy | 19.02.2012

"Cela libèreraient les profs d’histoire."
Deux fautes dans un seul verbe! Peut faire mieux ;-)
P.S. Attention à ne pas libérer le profs de français!
P.P.S. Le fait religieux, tel que vous l'envisagez, aurait donc pour fin de nous aider à trouver des raisons de vivre. Les grands textes, tel que je les conçois, nous aide à connaître autant que peut se faire dans le contexte donné, la manière dont les êtres humains de différentes époques et de cultures diverses on conçu l'origine du monde, leur propre origine et celle des croyances, us et coutumes qui les anime ou les ont animés.
Acquérir et pratiquer ce savoir permet de juger de manière quelque peu détachée des valeurs d'autrui, sans rendre nécessaire, mais sans empêcher non plus, la recherche d'un sens transcendant à et de la vie et l'adhésion à une croyance particulière. Certains trouveront même dans la recherche et la pratique du savoir une richesse suffisante pour ne pas chercher plus loin ce qui est de toute manière inaccessible ou n'est pas.
La solution trouvée est évidemment une fuite en avant, mais elle évite au moins les luttes de pouvoir, d'influence et de personnes, ainsi que les rancoeurs et les limitations intellectuelles qu'induirait un enseignement plus strictement religieux (ou du "fait religieux").

Ecrit par : Mère-Grand | 21.02.2012

@Noëlle Ribordy
J'ai lu plusieurs propositions qui vont dans le sens de celle que vous formulez en dernier. On peut, en effet, défendre l'idée que si la vie avec ou selon une religion mérite d'être connue, d'autant plus que celles-ci se veulent généralement porteuses de valeurs morales, si elles n'en revendiquent pas l'unique origine, la même chose peut se dire d'une vie sans appartenance religieuse, qui puise ses valeurs morales ailleurs. Cette approche-là, qui intéresse dans les faits une grande partie de la population, non croyante et non pratiquante, pourrait faire référence à des ouvrages comme celui d'Onfray, de Dawkins et de Hitchens, pour ce qui qui est de la critique, de recherches en éthologie, en sociologie et autres neurosciences pour ce qui est de fondements non religieux à la morale.
Divers programmes d'enseignements des "faits moraux" ;-) sont déjà mis en place dans d'autres parties du monde, le Canada notamment, si je ne me trompe pas; nous aurions là un autre enseignement de plus à concevoir, en rapport ou en complément à ceux qui font l'objet de ce blog, ou intégré à eux.

Ecrit par : Mère-Grand | 21.02.2012

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