10.01.2012

Radio

Pour moi, l'année 2012 a commencé à la radio. Cinq entretiens pour rythmer la première semaine, cinq manières d'expliquer les activités du Groupe citoyen « Culture religieuse et humaniste à l'école laïque », cinq périodes de stress aussi. Ne pas bafouiller, bégayer, radoter, ennuyer, redondouiller. Ne pas passer à côté. Ne pas oublier ce que je voulais dire. Ne pas se laisser manger la voix par l'ombre du micro, juste devant moi.

 


Ça m'a rappelé les cours de théâtre au Collège. Le trac, l'envie de s'exprimer, le plaisir de parler, la crainte de se mélanger les pinceaux dans les mots qui viennent trop vite ou plus du tout.

En écoutant le résultat sur le site de Radio Cité, je ne reconnais pas ma voix. C'est moi ? J'ai encore en tête les échanges de regards avec le journaliste, et là j'écoute à l'aveugle. Le sens de la vision est remplacé par celui de l'ouïe. Une autre perspective se déplie, qui laisse la place à l'imagination, à la réflexion.

Un autre souvenir me revient maintenant. J'étais allée à un dîner dans le noir, une expérience pour comprendre, un tant soit peu, le quotidien des personnes non-voyantes. On nous a conduits à travers une salle entièrement obscurcie jusque vers une table pour partager un repas avec des parfaits inconnus. Rien que de s'asseoir sans y voir, c'est compliqué. Faire connaissance sans le regard, bonjour.

Seules les voix comptaient. Le regard aboli laissait la place à la musique vocale, au sens des phrases, à une profondeur inconnue. Même les silences devenaient enfin écoutés, et compris. J'en garde un souvenir bouleversant. C'est peut-être pour ça que j'aime autant la radio.

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