15/04/2013

Une enquête à Genève sur les interactions entre religions et école publique

Camille Gonzales parlera de son enquête dans les trois ECG genevoises lors de la conférence-débat du 20 avril. Voici de quoi éveiller notre intérêt: je lui laisse la parole.

Enseigner les faits religieux consiste à regarder les religions comme des objets d’étude propres à approfondir les connaissances en sciences humaines, les connaissances sur l’Homme donc. Mais les hommes et les femmes qui enseignent, les enfants et adolescents qui étudient, quels rapports entretiennent-ils avec le religieux?

Par ailleurs, quand il est question de religions en classe, que ce soit par le biais d’un enseignement, du fait de l’actualité, ou d’un élève qui manifeste son appartenance religieuse, quels rapports entretiennent les acteurs scolaires entre eux?

Une enquête de terrain, menée auprès des enseignants des trois Ecoles de culture générale du canton de Genève en 2011 (1), a montré que les relations élèves – enseignants - religions n’ont rien de simple : entre les difficultés pédagogiques posées par les attachements religieux forts et l’espoir que suscite l’enseignement de l’histoire des religions pour pallier le manque de connaissances des élèves dans le domaine et répondre aux problèmes de racisme et de compréhension de l’autre; entre les dimensions identitaires, qui entourent à la fois les manifestations des appartenances religieuses et leur perception, et les tensions sous-jacentes à une définition floue de la laïcité et à des valeurs voulues «universelles» mais pas toujours partagées dans un environnement culturellement et religieusement pluriel.

Comprendre la complexité des relations qui se tissent entre enseignants et élèves autour des questions religieuses peut aider l’école tant à gérer ces questions qu’à en parler. En effet, les discussions concernant l’adoption ou non d’un enseignement des faits religieux au sein de l’école publique genevoise ne doivent pas cacher que ceux-ci y sont d’ores et déjà présents. L’enquête de terrain mentionnée ci-dessus révèle qu’ils sont, entre autres, rendus visibles par les voiles islamiques, les demandes de congés pour motifs religieux ou par des adolescents mobilisant leurs convictions religieuses dans la réception d’un enseignement. Elle montre aussi qu’ils sont discutés en classe lorsqu’ils font la une des journaux et qu’ils sont sources d’interrogations pour les élèves: pourquoi les juifs sont-ils persécutés depuis des siècles? Qui sont les Illuminati? Quels sont les liens entre l’islam et le terrorisme? Pourquoi certaines femmes musulmanes portent-elles un voile et est-ce que cela leur est imposé? Pourquoi la circoncision? Quelle est la différence entre catholiques et protestants, pourquoi y a-t-il deux courants? Comment peut-on tuer au nom d’une croyance? Qu’est-ce qu’il y avait avant le Big Bang? Est-il normal de croire? (2)

Aussi, et pour reprendre les propos de l’un des interlocuteurs de l’étude :

«Si l’histoire des religions peut aider (...) c’est paradoxalement pour parler de beaucoup d’autres choses.»

A partir d’exemples concrets rapportés par les enseignants rencontrés dans le cadre de de cette enquête, je tâcherai d’esquisser à la conférence-débat du 20 avril, les enjeux et défis liés aux questions religieuses en milieu scolaire.

Camille Gonzales

(1) Enquête menée dans le cadre de mon travail de mémoire de Master en Histoire des religions à l’Université de Genève et intitulé: Les interactions entre religions et école publique à Genève. Expérience et réponses des enseignants des trois Ecoles de culture générale.

(2) Exemples de questions posées par les élèves et rapportées par les enseignants interrogés au cours de l’enquête.

Pour en savoir plus sur la conférence-débat :

www.ge.ch/dip/

www.ecolelaique-religions.org/

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07/04/2013

Parler des faits religieux à l'école : pour quoi faire ?

Conférence-débat

Samedi 20 avril 2013, Uni Dufour

9h-14h

Deux slogans contradictoires ne cessent de retentir: le retour du religieux et son opposé, le drame de  l’analphabétisme religieux.

Depuis une vingtaine d'années, les religions sont redevenues un motif essentiel dans la formulation  des enjeux d’un monde de plus en plus globalisé, et pourtant toujours aussi contrasté, voire divisé, au niveau des croyances, des pratiques rituelles ou des traditions.

Face à l'accroissement de la diversité culturelle et religieuse des populations scolaires, le besoin de compréhension et de connaissance de l'autre est devenu de plus en plus vif.

En Europe comme au Canada, mais aussi en Chine, en Afrique et… à Genève, la "coexistence multiculturelle pacifique" représente aujourd'hui un défi commun à tous les systèmes scolaires. Et le besoin d’une information solide sur les faits religieux, longtemps écartés officiellement sinon de

facto de l’école laïque, se fait sentir de manière de plus en plus aigüe.

La nouvelle Constitution de la République et Canton de Genève, récemment votée par le peuple,  confirme dans son article 3 le principe de laïcité.

Parler des faits religieux dans l'école laïque: facteur de cohésion sociale ou source de conflit ?

Cette conférence-débat publique fera le point sur cette question et dressera le bilan de ce qui se fait au niveau de l'enseignement dans l'école publique genevoise, de la formation de base et continue des maîtres.

Parents, enseignant-e-s, élèves comme tout citoyen et citoyenne sont invités à participer à cette rencontre.

 

Charles Beer

Conseiller d'Etat chargé du département de l'instruction publique, de la culture et du sport (DIP)

Wolfram Weisse

Professeur à l’Université de Hambourg et correspondant de l’Institut européen en sciences des religions (IESR)

Mireille Estivalèzes

Professeure à l’Université de Montréal et chercheuse au centre d’études ethniques des universités montréalaises

Philippe Borgeaud

Professeur honoraire de l’Université de Genève et expert en histoire des religions

Isabelle Vuillemin, Isabelle Nicolazzi, Chantal Andenmatten

Directrices des services de l’enseignement – DIP

Camille Gonzales

Historienne des religions - Centre d'information sur les croyances à Genève (CIC)

Laurent Vité

Représentant de la Fédération des enseignantes et enseignants genevois (FEG)

Roland Benz

Pasteur, ancien prof.  de physique, représentant du groupe citoyen «culture religieuse et humaniste à l’école laïque»

Sylvie Arsever

Journaliste


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19/03/2013

Graines de Paix

Logo FR final avec fond bleu pale plus large.jpgGraines de Paix, c’est une ONG qui s’engage dans la promotion de l’éducation à la paix. Des gens vraiment bien, qui croient à leurs idées et qui sèment leurs graines, patiemment.

Demain, c’est Graines de Paix qui sera l’heureuse bénéficiaire du Concert de Printemps donné par l’Orchestre des Nations Unies au Victoria Hall. Les revenus de la soirée auront pour bénéficiaires les enfants de plusieurs pays d’Afrique, où Graines de Paix développe actuellement un programme d’éducation à la paix spécifique aux pays en pré ou en post-conflit. Le succès des concerts précédents laisse présager une soirée exceptionnelle, en la présence de nombreuses personnalités de la Genève Internationale.

Utiliser l’art de la musique pour véhiculer les messages de paix, des sons et des émotions pour servir et soutenir des causes humanitaires, c’est ainsi que l’Orchestre des Nations Unies a été créé. Une soixantaine de musiciens talentueux et enthousiastes, pour la plupart fonctionnaires internationaux auprès de l’Office des Nations Unies, jouent régulièrement en faveur d’une organisation de leur choix, sous la baguette d’Antoine Marguier.

Au programme: deux des plus grands chefs-d'œuvre de Piotr Ilitch Tchaïkovski, avec en soliste la jeune violoniste française Solenne Païdassi, l’une des virtuoses les plus prometteuses de sa génération, 1er Prix du Concours International Long-Thibaud.
Concerto pour violon en ré majeur (35 mn)
Allegro moderato
Canzonetta. Andante
Finale. Allegro vivacissimo
Entracte 20 mn
Symphonie numéro 5 en mi mineur (48 mn)
Andante-Allegro con alcuna
Andante cantabile, con alcun alicenza
Valse. Allegro Moderato
Finale. Andante maestoso-Allegro vivace


www.graines-de-paix.org


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21/02/2013

Agora

0D3F0863536716257B83DEDEB90023F3.jpgC’est bon à savoir… pour les enseignants qui cherchent des moyens de parler de la diversité des cultures, des croyances et des opinions, les éditions Agora produisent des moyens d’enseignement officiels pour les disciplines définies par le Plan d’Etudes romand. Cette maison d’édition scolaire suisse, spécialisée dans les domaines de l’éthique et de l’histoire des religions, est une association qui compte parmi ses membres les Départements de l’instruction publique de Berne, du Jura, de Fribourg, Vaud et Valais.

Un excellent moyen de trouver une documentation de qualité et une mine d’outils pédagogiques destinés aux élèves romands.

www.editions-agora.ch

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20/02/2013

Un signe de paix

P1040591.JPGL’avez-vous déjà remarquée, cette plaque claire, sur la droite, dans la cathédrale St-Pierre ? Elle rappelle le premier service œcuménique après la seconde guerre mondiale, célébré le 20 février 1946. Il y a 67 ans aujourd'hui. Des responsables religieux de pays qui avaient été en conflit se sont réunis dans une immense émotion pour ce signe de paix, annonciateur de la création du Conseil œcuménique des Eglises.

Martin Niemöller était l'un des officiants ; ce pasteur allemand avait été arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen, avant d’être transféré en 1941 à Dachau. Il a consacré sa vie à la reconstruction de l’Eglise protestante d’Allemagne, jusqu’à sa mort en 1984.

Martin Niemöller est l’auteur de ce poème que l’on pourrait relire plus souvent :

Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes

Je me suis tu, je n'étais pas communiste.

Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes

Je me suis tu, je n'étais pas syndicaliste.

Lorsqu'ils sont venus chercher les Juifs

Je me suis tu, je n'étais pas Juif.

Puis ils sont venus me chercher

Et il ne restait plus personne pour protester.

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21/01/2013

Réfléchir aux origines du fanatisme

MP900433286.JPGEn décembre, la fondation Racines et Sources proposait un café interculturel sur le thème des mobiles psychologiques individuels du fanatisme. Ce mercredi, c’est à la dimension collective de l’intégrisme que le café interculturel sera consacré.


Dans un premier temps, le Dr Alexandre Ahmadi, psychiatre et psychothérapeute jungien, réfléchira aux mécanismes inconscients des trois religions monothéistes. Il puisera notamment dans sa connaissance de la mystique musulmane pour cerner les sources de l'intégrisme dans le rapport collectif à l'archétype de la prophétie en islam.
Dans un deuxième temps, le Dr Philippe Gonzalez, maître assistant en sociologie à l'université de Lausanne et spécialiste des enjeux relatifs à la religion dans l'espace public, nous parlera de la perversion du bien comme voie ordinaire vers l'intégrisme. Il s'interrogera sur les garde-fous que les communautés religieuses se donnent – ou ne se donnent pas – afin d'éviter que l'énergie religieuse de leurs membres ne soit pervertie au service d'une cause extrémiste. Il axera son discours sur le monde évangélique chrétien à partir de l'étude de cas particuliers.
Le Grand Rabbin Marc Raphaël Guedj dira ensuite quelques mots sur les principaux courants de l'ultra-orthodoxie juive.
Les participants seront invités à donner leur point de vue.

 Mercredi 23 janvier 2013
"Les  origines du fanatisme"
De l'inconscient collectif à la dimension sociologique
animé par : Le Pasteur Vincent Schmid
de 18h30 à 20h30 à la Librairie arabe l’Olivier

5, rue de Fribourg à Genève

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15/01/2013

Le roi se meurt

140_140_cd4dc8575effbb43a07e2de55344817ece1a01d6.pngMichel Bouquet sera ce soir le roi dans cette extraordinaire pièce d’Eugène Ionesco. En attendant de savourer le bonheur de le voir sur scène, plongeons dans un aperçu des faits religieux qui animent la pièce :

Elle se clôt sur un voyage initiatique inspiré par le Livre tibétain de la mort (Bardo Thödol) et par une upanishad. Ionesco s'est intéressé très tôt aux religions orientales. On en retrouve des échos dans Le Roi se meurt : la roue vers laquelle marche le roi, ou encore la litanie des intercesseurs ("Vous les statues, vous les lumineux, ou les ténébreux..."). Les rituels bouddhiques qui accompagnent ce roi en fin de vie éclairent l’opposition entre Marguerite et Marie, les deux reines : Marguerite est celle qui a pour mission d’aider le mourant à repousser les tentations terrestres, à défaire tous ses noeuds. Marie, à l’opposé, veut rester du côté de la vie, ignorer la mort ; mais rien de ce qu’elle propose n’est efficace. A la fin, c’est Marguerite qui reste seule avec le roi ; elle va l’aider à s’asseoir, à prendre en fait la posture des morts tibétains. C’est elle qui joue le rôle du lama tibétain en accompagnant le roi, en lui permettant de se délester de ses restes de vie, et d’accepter sa mort librement. De parvenir à l'ultime

Bleu, bleu

 

Sources et inspiration : Gilles Ernst, préface à l’édition Folio théâtre ; Emmanuel Jacquart, notes sur Le Roi se meurt in Ionesco, Théâtre complet, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard.

Photo : ©B. Richebe, sur le site du BFM.

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08/01/2013

Festival des cultures juives

PROGRAMME FESTIVAL Page_1.jpgPour les enfants, des contes ashkénazes, des contes séfarades…  

Pour tous, de la musique klezmer, ladino, baroque… 

de la calligraphie hébraïque… 

une table ronde sur les identités juives…  

une exposition « Des juifs et des phylactères : identité juive et bande dessinée »…

un film à la cinémathèque… 

C’est le Festival des cultures juives, à Lausanne du 9 au 31 janvier.

 

Plus d’infos : www.cilv.ch

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01/01/2013

Un fou noir au pays des blancs

Une idée de sortie pour bien commencer l'année :

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S’adressant à un public de 10 à 77 ans, Pie Tshibanda, exilé du Congo vers la Belgique, raconte l’histoire de son intégration. Ses paroles, pleines d’humanité et de nuances, touchent. Elles mettent en évidence le regard méfiant que nous portons les uns sur les autres, lorsque paraît la différence…

 

Chavornay 10 janvier à 20h

Delémont 11 janvier à 20h

Sion 12 janvier à 19h

Echallens 13 janvier à 17h

Chêne-Bougeries 14 janvier à 20h

Founex 15 janvier à 20h

Domdidier 16 janvier à 20h

Chailly / Lausanne 17 janvier à 20h

Monthey 18 janvier à 20h

Compesières 19 janvier à 20h

Petit-Lancy 20 janvier à 17h

 

Spectacles ouverts à toutes et tous, entrée libre, chapeau à la sortie (montant indicatif 20.-)

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18/12/2012

Discriminations : la santé en question

MH900422742.JPGCe sujet sera discuté dès 17h30 au Café LICRA qui aura lieu aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) le mardi 18 décembre 2012.

Jean-Philippe Rapp animera le débat, les invités présents aborderont les discriminations dans le milieu de la santé, que celles-ci soient fondées sur l’origine, l’appartenance sociale ou culturelle, la couleur de peau, l’âge, le sexe, le mode de vie ou les convictions religieuses, qu’elles s’exercent à l’encontre des patients ou du personnel de santé.

Comme à chaque fois, chacun pourra prendre la parole et débattre de la thématique.

Aux « BONNES CHOSES », Hôpitaux Universitaires de Genève, Entrée principale des HUG

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4

De 17h30 à 19h00. Entrée libre.

Avec :

Dre Sophie Durieux-Paillard, Médecin adjointe, Coordinatrice du Réseau santé pour tous - HUG

Dr Idris Guessous, Médecin adjoint, Responsable de l'Unité d'épidémiologie populationnelle (Bus Santé) - HUG

Dre Melissa Dominicé Dao, Médecin adjointe, Responsable de la Consultation transculturelle - HUG

Vincent Jobin, Responsable Checkpoint Genève, Dialogai

Gilles André Hourton, Infirmier responsable Programme santé migrants Consultation ambulatoire mobile de soins communautaires - HUG

Dr Pablo Sanchez-Mazas, Médecin psychiatre-psychothérapeute FMH, Association Appartenances

Denise Efionayi-Mäder, Directrice adjointe Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population,  Université de Neuchâtel

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17/12/2012

Noël à la 6-4-2 : une proposition multiculturelle

MH900178099.JPGUn constat : les réunions organisées à l’occasion des fêtes de Noël (familles, associations, …) sont souvent sympathiques. Mais on a parfois l’impression que par crainte / pudeur / peur du prosélytisme, on n’ose pas évoquer nos convictions. Sensation de ne pas être au clair, difficulté à communiquer sur des sujets essentiels, peur de paraître bizarre… c’est un peu bâclé, à la 6-4-2. Il n’empêche que c’est notre dignité d’humanoïdes d’avoir des convictions.

Une proposition : comme pour la Fête des voisins, vous proposez aux personnes qui participeront à votre réunion d’apporter chacune un texte, selon son coeur ou son esprit, un texte cadeau. Quelques lignes philosophiques, un poème, un texte religieux ou non, un article, un trait d'humour... pour donner de la profondeur à cet événement. Vous réglez les modalités pratiques pour que chacun puisse partager en confiance les mots qu’il aime. Et ainsi vous aurez un Noël où vous (re)découvrirez 6, 4, 2 textes !

 

"Noël à la 6-4-2" est une idée jaillie au coeur du Groupe citoyen "Culture religieuse et humaniste à l'école laïque" en 2010 et mise en oeuvre avec d'autres interlocuteurs aussi. Dites-nous ce que vous en pensez !

 

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12/12/2012

Frédéric Lenoir à Genève

Frédéric Lenoir vient à Genève ce samedi 15 décembre !

  • A 10h45 à Uni Dufour pour une conférence intitulée

Quelle sagesse face aux défis du monde actuel ?

La crise actuelle n’est pas seulement économique et financière, mais aussi environnementale, agricole, sanitaire, morale, psychologique. Ce que nous dit le philosophe Frédéric Lenoir, c’est qu’il est impossible d’isoler les problèmes les uns des autres ou d’en ignorer les causes profondes et intriquées. Alors, qu’est-ce qui relie toutes les crises entre elles? Quelles sont les immenses mutations auxquelles notre monde s’est trouvé confronté au cours des deux derniers siècles? Dans quelle logique sommes-nous en train d’avancer? Comment éviter que l’homme moderne mû par l’ivresse de la démesure, mais aussi par la peur et la convoitise, ne signe sa propre fin? Et si une révolution de la conscience était actuellement en marche? Et si, en fait, transformer le monde revenait à se transformer soi-même?

C’est la Fondation pour Genève, en collaboration avec la Faculté autonome de théologie protestante de l'Université de Genève et l'Association Appel spirituel de Genève, qui proposent cette rencontre exceptionnelle avec le célèbre philosophe, écrivain et historien des religions. Frédéric Lenoir sera aussi

  • A 15h en dédicace chez Payot (rue du Marché)
  • A 17h à l’Espace Fusterie pour une intervention sur le thème « Demain est un commencement ».

Le 24 octobre 1999, à l'occasion de la Journée des Nations Unies, fut proclamé en la Cathédrale de Genève, l'Appel Spi2012.12.15_appel-spirituel-ge_recto.jpgrituel de Genève, signé par plusieurs personnalités internationales et locales. 

Les représentants de toutes les communautés religieuses présentes à Genève et de la société civile écrivent aux dirigeants du monde, quel que soit leur domaine d’influence, pour qu’ils adhèrent sans réserves aux trois principes suivants:

> Ne pas invoquer une force religieuse ou spirituelle pour justifier la violence, quelle  qu’elle soit;

> Ne pas se référer à une force religieuse ou spirituelle pour justifier toute discrimination et exclusion;

> Ne pas user de sa force, de sa capacité intellectuelle ou spirituelle, de sa richesse ou de son statut  social, pour exploiter ou dominer l’autre! 

Cet Appel s'inscrit dans la tradition d'accueil, d'asile et de compassion de Genève.

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30/11/2012

Un jeu pour comprendre l'Escalade

Connaissez-vous notre jeu-de-l’Escalade-dont-vous-êtes-le-héros ?

33 étapes pour découvrir l’histoire avant l’Escalade : des années troublées, fortement influencées par différents faits religieux. L’enfant (ou l’adulte joueur) va aborder des jalons couvrant un siècle : si tout va bien, ce voyage lui permettra d’arriver le 12 décembre 1602 dans la cité de Genève…

Créé en 2010 pour le Groupe citoyen « Culture religieuse et humaniste à l’école laïque », ce dossier pédagogique a été revu et corrigé en tenant compte des remarques des utilisateurs. On peut y jouer seul, ou en famille, ou en classe, par exemple en formant des équipes d’élèves, en nommant dans chaque équipe un documentaliste qui cherche les réponses dans le Guide, et un écrivain qui remplit la Feuille d’aventure ; après la partie, les équipes se racontent quel parcours elles ont suivi. Il peut être intéressant d’avoir le schéma du jeu (tous les secrets de son mécanisme !) ; il se trouve aussi dans le dossier. Le plateau de jeu peut être imprimé, ou remplacé par un autre plus à votre goût… on peut même jouer sans.

Amusez-vous, et bon voyage dans le temps !

Dossier téléchargeable sur www.ecolelaique-religions.org

P1040186.JPG

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26/11/2012

Musique, encore : la diversité et l'adversité

Amin Maalouf a ces mots magnifiques dans l’introduction au disque Orient-Occident 1200-1700 :

61CSW8XT8GL._SL500_AA300_.jpgEcouter ces musiques d’Orient et d’Occident, subtilement rassemblées par Jordi Savall, n’est pas une expérience ordinaire. Parce qu’à l’émotion esthétique vient s’ajouter un sentiment plus intense encore, celui de communier, par enchantement, avec une humanité réconciliée.

Celle-ci n’a-t-elle pas perdu quelque chose de son âme dans la seconde moitié du XVe siècle, lors de la mort simultanée de Séfarade et d’al-Andalus, quarante ans après l’écroulement de Byzance ? Entre l’Orient et l’Occident, des passerelles mentales et spirituelles ont été détruites, qui n’ont jamais été réparées depuis. La Méditerranée a cessé d’être cette mer nourricière située au centre de notre univers culturel, pour ne plus être qu’un champ de bataille, et une barrière.

Aujourd’hui, notre mer commune est le lieu où s’élève la Muraille invisible qui partage la planète entre Nord apeuré et Sud désespéré ; et entre des communautés planétaires qui ont pris l’habitude de se méfier de « l’Autre », et de s’en démarquer. Le monde arabe et le monde juif semblent avoir oublié leur féconde parenté d’autrefois ; l’Orient musulman et l’Occident de tradition chrétienne semblent enfermés dans une confrontation sans issue.

Pour redonner à notre humanité déboussolée quelques signes d’espoir, il faut aller bien au-delà d’un dialogue des cultures et des croyances, vers un dialogue des âmes. Telle est, en ce début du XXIe siècle, la mission irremplaçable de l’art. Et c’est très précisément ce que nous éprouvons à l’écoute des ces superbes musiques venues d’époques et de terres diverses. Soudain nous découvrons, ou redécouvrons, que les civilisations qui nous paraissent éloignées les unes des autres, et même ennemies, sont étonnamment proches, étonnamment complices.

Au cours de ce voyage dans le temps et l’espace, nous nous demandons à chaque instant si les conflits auxquels nous nous sommes accoutumés ne sont pas trompeurs, finalement, et si la vérité des hommes et des cultures ne réside pas plutôt dans ce dialogue des instruments, des accords, des cadences, des gestes et des souffles. Monte alors en nous un sentiment de joie profonde, né d’un acte de foi : la diversité n’est pas forcément un prélude à l’adversité ; nos cultures ne sont pas entourées de cloisons étanches ; notre monde n’est pas condamné à des déchirements sans fin ; il peut encore être sauvé…

N’est-ce pas là, d’ailleurs, depuis le commencement de l’aventure humaine, la raison première de l’art ?

 

Disque Orient-Occident 1200-1700, Jordi Savall, Hespérion XXI

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19/11/2012

Un esprit de tolérance : journée internationale des droits de l'enfant

MH900407458.JPGDemain,  c’est la journée internationale des droits de l’enfant. On croit tous avoir déjà lu et mémorisé les 54 articles de la Convention adoptée par les Nations Unies le 20 novembre 1989, mais la beauté de l’article 29 sur l’éducation mérite une relecture attentive.

Un article apaisant. Des mots qui résonnent comme un idéal, un phare, une lumière à atteindre, une direction à viser. On imagine bien que tout n’est pas immédiatement possible chaque jour dans chacune des classes de chacun des 191 pays qui ont ratifié la Convention. Mais que cette intention existe, que ces Etats aient décidé ensemble des buts qu’ils voulaient donner à l’éducation, c’est un point de départ, c’est un moteur, c’est un début vers un monde meilleur.

Article 29
1. Les États parties conviennent que l'éducation de l'enfant doit viser à :
a) Favoriser l'épanouissement de la personnalité de l'enfant et le développement de ses dons et des ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités ;
b) Inculquer à l'enfant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et des principes consacrés dans la Charte des Nations Unies ;
c) Inculquer à l'enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne ;
d) Préparer l'enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d'égalité entre les sexes et d'amitié entre tous les peuples et groupes ethniques, nationaux et religieux, et avec les personnes d'origine autochtone ;
e) Inculquer à l'enfant le respect du milieu naturel.

 

 

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08/11/2012

Ensemble pour le meilleur et pour le rire

af-forum-ACMM-A3-imprimeur-plat-cmjn.jpegPendant cette Semaine suisse des religions, voici une initiative souriante de l’Association culturelle musulmane meyrinoise : un clin d’œil humoristique qui a pour but de dédramatiser le rapport entre les uns et les autres pour faciliter la rencontre et s’enrichir mutuellement par le dialogue et l’échange. Une bonne manière de se connaître pour mieux se reconnaître !

 

Théâtre ForumMeyrin, samedi 10 novembre 2012. Spectacle de Samir Alic à 16h : « Quel âge tu t’eppelles ? ». Exposition, vente, restauration dès 10h. Ateliers enfants gratuits.

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01/11/2012

La ceinture fazyste, vous connaissez ?

5.jpgLa semaine suisse des religions, c’est à partir du 3 novembre ! A Genève, on pourra suivre l’itinéraire « De sanctuaire en sanctuaire » : synagogue, églises et temples de la ceinture fazyste seront ouverts pour des visites guidées les week-ends des 3-4 et 10-11 novembre. De plus, quatre édifices religieux seront présentés par l’archéologue cantonal : St-Gervais, St-Pierre / site archéologique, église luthérienne, Ste-Trinité. Un historien de l’art proposera des clés de lecture pour certaines œuvres d’art, des musiciens feront résonner l’espace…

L’idée est de mettre en lumière chaque fois la spécificité du lieu et son rapport à l’histoire de Genève, le leitmotiv étant « renseigner, pas recruter ».

Et pendant la semaine, des conférences et un film apporteront un éclairage complémentaire sur des thèmes tels que l’architecture religieuse, la contribution historique des chrétiens à la renaissance d’Israël, la place des rites dans notre société, la commémoration de la « nuit de cristal », James Fazy et la construction d’une Genève ouverte sur le monde.

Mais la ceinture fazyste, késako ? Du nom de James Fazy (1794-1878), homme d’Etat genevois porté au pouvoir par la révolution radicale de 1846 ; adopté au XXe siècle par les milieux de protection du patrimoine, ce terme de ceinture fazyste désigne les bâtiments construits sur l’emplacement des anciennes fortifications, démolies sous l'impulsion de Fazy. Cette action, tout comme l’ancrage de la liberté des cultes dans la Constitution de 1847, témoignent de la volonté d’ouverture et de l’esprit de tolérance du gouvernement fazyste qui remodela le paysage urbain et religieux de Genève. Dans la cité calviniste réservée jusqu’alors au culte réformé, différentes communautés purent construire des édifices religieux sur des terrains offerts par l’Etat :

  • Notre Dame (la basilique catholique romaine)
  • Holy Trinity (l’église anglicane)
  • La Grande synagogue (renommée Beth Yacoov, maison de la Communauté Israélite de Genève)
  • La cathédrale de l’Exaltation de la Ste-Croix (l’église orthodoxe russe)

Quant au Temple Unique des loges maçonniques de Genève, les propriétaires finirent par mettre en vente l’imposant monument qui fut affecté au culte catholique romain sous le vocable « église du Sacré-Cœur ».

Antérieure au XIXe siècle, l’église luthérienne constitue un cas à part, le culte luthérien ayant été toléré dans la « Rome protestante » en raison des liens entre Eglises issues de la Réforme.

Source : Ursula Bühler, coordinatrice du Groupe de travail « Semaine des religions » de la Plateforme interreligieuse de Genève et chargée des relations avec IRAS COTIS (communauté de travail interreligieuse en Suisse).

Tous les détails : http://www.iras-cotis.ch/woche-religionen/seiten/konzept-...

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22/10/2012

Premier dimanche de novembre

Metal_movable_type.jpgMaintenant, tu utilises ton portable pour envoyer des messages comme tu veux. Tu écris sur le mur de tes amis et tu publies des statuts, c’est facile.

Maintenant, imprimer, ça veut dire comprendre.

Il y a presque 600 ans, vers 1450, un homme qui s’appelait Gutenberg invente un truc de fou. Un système complet pour imprimer des textes. A la base, il avait fait un apprentissage d’orfèvre, donc il maîtrisait les alliages : plomb, fer, étain, antimoine… voilà qui fait une combinaison parfaite pour durcir le métal et fabriquer des caractères mobiles bien solides. C’est-à-dire réutilisables. On les met en place pour composer une page, on les enlève puis on les remet en place pour une autre page. Jusqu’alors, il fallait attendre une éternité que les moines copistes aient fini de recopier un livre. C’est d’ailleurs marrant que l’antimoine soit utilisé dans une invention qui va remplacer une partie du travail des moines. Mais rien à voir, antimoine ça vient d’anti-monos, c’est un élément qui ne se trouve jamais seul, toujours avec d’autres métaux.

Donc revenons à Gutenberg. En plus des caractères d’imprimerie en alliage, il invente aussi une encre d’impression spéciale, et surtout une presse à bras. La presse permet d’imprimer beaucoup d’exemplaires. L’accès à la connaissance devient plus facile. L’esprit critique trouve matière à réfléchir. Gutenberg imprime une grammaire latine, il imprime des poèmes, il imprime des indulgences pour l’Eglise. Une indulgence, c’était une remise de peine, dans l’Eglise catholique romaine. On obtenait l’indulgence en échange d’une action religieuse (prière, pèlerinage, etc.). Bien vite, il y a eu des abus : les gens achètent des indulgences, ils paient pour effacer un péché. Peu à peu, on commence à dénoncer ces abus, par exemple l’indulgence de 1506 qui est offerte à tous ceux qui donnent de l’argent pour construire la basilique Saint-Pierre du Vatican.

En 1517, le moine Martin Luther écrit sur un mur. Pas un mur comme celui que tu connais, mais sur les portes d’une église ; il affiche 95 phrases pour dire pourquoi il n’est pas d’accord, on les appelle les 95 thèses de Luther. Il fait cela le 31 octobre : il sait que le lendemain, le jour de la Toussaint, il y aura beaucoup de monde à l’église dans cette ville de Wittemberg, en Allemagne.

On n’est pas sûrs que Luther ait vraiment affiché ses protestations sur la porte de cette église. Ce qu’on sait, c’est qu’il a lancé le débat ! Dans sa thèse 43, il dit par exemple :

« Il faut enseigner aux chrétiens que celui qui donne aux pauvres ou prête aux nécessiteux fait mieux que s’il achetait des indulgences ».

Il continue :

« les trésors de l’Evangile sont des filets au moyen desquels on pêchait jadis des hommes adonnés aux richesses. Les trésors des indulgences sont des filets avec lesquels on pêche maintenant les richesses des hommes.

(thèses 65-66)

Ce débat, c’est le début de la Réforme protestante. Luther écrit, et fait imprimer ses idées pour en discuter : en 3 ans, plus de 300'000 exemplaires de ses textes seront vendus. C’est l’auteur le plus lu jusqu’en 1550. Best-seller ! Ses thèses, écrites en latin, sont tout de suite traduites en allemand et imprimées ; la presse imaginée par Gutenberg diffuse ce qui est l’un des premiers débats imprimés de l’histoire. En deux semaines, des copies des 95 thèses sont accessibles dans toute l’Allemagne, et en deux mois dans toute l’Europe.

Pour les Eglises protestantes de Suisse, ce premier dimanche de novembre commémore la Réformation. Ce mouvement porté par Luther, Zwingli et Calvin entre autres, né de la pensée de la fin du Moyen Age, a aussi contribué à transformer l’Eglise catholique. En fait, la question qui divisait était : « est-ce qu’on est sauvé par ce qu’on fait, ou par sa foi ? » En 1999, une déclaration commune a été publiée par deux fédérations d’Eglises protestantes et par le Vatican :

« Nous confessons ensemble que la personne humaine est, pour son salut, entièrement dépendante de la grâce salvatrice de Dieu ».

Cet accord a permis de dépasser les condamnations réciproques qui avaient eu lieu depuis la Réforme ; mais les protestants et les catholiques ne voient pas tout à fait les choses de la même manière : on parle donc de « consensus différencié », c’est-à-dire d’un accord qui admet les différences.

Malgré des tensions dramatiques, catholiques et protestants ont donc été stimulés à réfléchir et à se transformer par ces thèses affichées un certain 31 octobre.

 

Photo : Willy Heidelbach

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15/10/2012

118, route de Lausanne

P1030943.JPGQuand on sort de Genève, on ne la voit presque pas, filant à côté en voiture. Seul le piéton attentif cheminant sur le trottoir découvre cette fontaine. S'il en prend le temps, il apprend que Charles Hentsch, en mémoire de qui elle fut placée, s’efforça d’appliquer ces préceptes :

Chaque jour faire une action qui rende l’âme heureuse, combler un cœur de joie, prévenir des besoins extrêmes, acquitter sous main des dettes pressantes, essuyer une larme, écouter une histoire de douleur en compatissant à celui qui la fait, aimer tous les hommes, aider de tous ses moyens celui qui a besoin d’appui, s’occuper des autres à l’exclusion de soi. Ou je me trompe ou c’est là le bonheur. Aimez-vous les uns les autres.

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08/10/2012

La laïcité dans le projet de constitution

Un enseignement laïque laisse la place à la présentation de faits religieux, à une vision d’ensemble des formes d’expression du sacré. Ce n’est pas incompatible ! C’est, me semble-t-il, une bonne manière de développer l’esprit critique. Je trouve important que les enseignants abordent ces questions en classe, en donnant des repères ; sinon les élèves en parleront en-dehors de l’école, avec toutes les approximations que cela peut supposer.MP900439377.JPG

 

L’article 193 du projet prévoit :

L’Etat organise un enseignement public, laïque et de qualité.

L’enseignement public a pour buts principaux :

a)      La transmission et l’acquisition de connaissances et de compétences ;

b)      La promotion des valeurs humanistes et de la culture scientifique ;

c)       Le développement de l’esprit civique et critique.

 

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01/10/2012

Souccoth, le dépaysement chez soi

Ma Soucca 5769.jpgPour les juifs, c’est aujourd’hui, dès la tombée de la nuit, le début de la Fête des Cabanes. Ce moment joyeux commémore la vie des Hébreux à leur sortie d’Egypte après leur libération de l’esclavage par Moïse :

Dans des cabanes vous habiterez sept jours afin que vos générations sachent que j’ai fait habiter les enfants d’Israël dans des cabanes lorsque je les ai fait sortir du pays d’Egypte (Lévitique 23, 42-43)

Pendant les sept jours de la fête, les juifs passent le plus de temps possible dans une cabane de feuillage construite sur leur balcon, dans leur cour ou à la synagogue. Cette cabane s’appelle la soucca, c’est une structure temporaire avec un toit fait de matériau organique qui a été détaché du sol. La soucca est décorée le mieux possible.

La coutume veut que la soucca soit construite le soir de la fin du jeûne de Yom Kippour, le jour le plus solennel de l’année juive. La fête de Souccoth représente une semaine pour se réjouir, c’est aussi un temps pour se reconnecter avec la nature. Demeurer pour quelques jours près de chez soi mais pas dans son logement habituel, changer ses habitudes, faire un pas de côté : une expérience mémorable, un temps de réflexion pour les enfants comme pour les adultes.

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20/09/2012

Education à la paix

C’est la journée internationale de la paix, le 21 septembre !

MP900433193.JPGL’éducation à la paix est essentielle à l’école ; c’est bien sûr l’occasion de parler de tolérance. L’enseignement des faits religieux aide les élèves à étoffer leurs connaissances, à nourrir leur point de vue et à s’ouvrir à l’autre, au différent, pour réfléchir aussi sur soi, son semblable. Découvrir, dialoguer, comprendre, réfléchir… pour les petits comme pour les grands, un pas vers la paix.

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11/09/2012

Pecha Kucha sur les croyances !

MP900432920(1).JPGConnaissez-vous le CIC ? Samedi 22 septembre, le Centre intercantonal d’information sur les croyances fête ses dix ans d’information au public avec une journée portes ouvertes.

Le CIC est spécialiste des nouvelles spiritualités et des groupes religieux minoritaires et/ou controversés. Samedi prochain, vous pourrez découvrir une exposition retraçant son histoire, des débats politiques aux controverses autour des « sectes ».

Lors de cette journée, le CIC vous proposera aussi des visites guidées dans les nouveaux lieux de culte de son quartier. D’Eglise en Ashram, vous découvrirez des endroits surprenants aménagés dans des appartements, des sous-sols, des ateliers d’artisan ou d’anciens restaurants.

A 18h, vous pourrez assister à la première Pecha Kucha sur les croyances, avec le regard de 7 intervenants : avocat, photographe, sociologue, journaliste, bibliothécaire… auront chacun 20 images et 6’40’’ pour parler de leur rapport au religieux.

Centre intercantonal d’information sur les croyances : boulevard Helvétique 27, 1207 Genève. Tél. 022 735 47 50. www.cic-info.ch

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10/09/2012

PNR 58, entre savoir et croire

Un programme national de recherche : PNR 58.

28 projets. Trois ans de recherche en Suisse. 9783038237587_1.jpg

Ce PNR 58 a étudié les rapports entre les collectivités religieuses, l’Etat et la société entre 2007 et 2010 ; les résultats sont présentés dans l’ouvrage « Religions, Etat et société »  qui vient de sortir.

L’une des recommandations est que « les écoles et les autres institutions étatiques dédiées aux jeunes devraient davantage s’efforcer de fournir aux élèves (…) un savoir sur les religions différencié et scientifiquement fondé ».

On retrouve cette fameuse distinction entre savoir et croire. En écho, je trouve subtil de nourrir la réflexion avec ce point de vue de Jean-Paul Sanfourche, ancien directeur de l’Institut de Formation des maîtres de Poitou-Charentes :

Une certaine conception de la laïcité véhicule encore cette idée que la science rendrait la religion obsolète. Le religieux n’est pas l’obscurité atténuant la lumière de la Raison. Aucune théorie scientifique n’interdit de méditer sur les leçons de la Genèse, ni d’apprécier les beautés des premières pages des Métamorphoses d’Ovide, la rigueur des sermons Advocatis de Luther. Les valeurs laïques sont des valeurs universelles. Comment pourraient-elles se détourner du fait religieux ? Comment pourraient-elles en faire un « sujet tabou » ? « A une laïcité d’exclusion (tout ce qui est de l’ordre du religieux n’entrerait pas dans son champ) doit aujourd’hui se substituer une laïcité d’accueil, de compréhension, « d’intelligence » dit Régis Debray, d’ouverture dans ses principes comme dans ses méthodes ».

Gardons-nous de cette vision chimérique de la laïcité qui discréditerait a priori le « croire » au profit du seul savoir. Une pseudo « objectivité ou neutralité laïque » amputerait l’homme d’une de ses dimensions essentielles et fabriquerait un univers totalitaire. Une laïcité sans religion serait une laïcité totalitaire.

 

Jean-Paul Sanfourche, dans l’introduction de l’ouvrage D’Osiris à 1905 et au-delà : éléments pour enseigner le fait religieux, Scérén – CRDP Poitou-Charentes, 2005, p. 19

Christoph Bochinger dir., Religions, Etat et société. Éditions Neue Zürcher Zeitung, 2012, p. 203

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30/08/2012

Jeûne genevois

Chaque année, on se repose la question : mais pourquoi ce Jeûne genevois avant le Jeûne fédéral ? Plongeons dans l’histoire pour comprendre cette Genferei…MP900425502.JPG

Dans la Genève protestante, le premier jeûne a été suivi en octobre 1567, à l’annonce de la répression contre les protestants de Lyon. Des jeûnes ont été organisés à Genève quand les circonstances les justifiaient, de manière occasionnelle. Par exemple :

  • Jeûne du 3 septembre 1572 après l’annonce du massacre de la Saint-Barthélémy
  • 3 journées de jeûne en 1589, avant, pendant et après la guerre contre la Savoie
  • Jeûne du 21 décembre 1602 après l’Escalade
  •  Jeûne de 1615 après la peste
  • Jeûne de 1651 à cause d’un tremblement de terre
  • Jeûne de 1655 en raison des persécutions des protestants au Piémont
  • Jeûne de 1685 à cause de la Révocation de l’Edit de Nantes

En Suisse, en 1640, les cantons protestants ont fixé pour toutes les Eglises un jeûne annuel auquel Genève était priée de s’associer. Jusqu’en 1793, un jeûne « helvétique » est donc célébré chaque année. Le choix du jour est plus ancien que celui du mois. Le jeudi a été retenu à Genève dès 1652 pour des raisons pratiques : aucun marché ne se tenait ce jour-là.

En 1751, les pasteurs déplorent que dans les villages, les gens aillent au cabaret ou à la chasse le jour du jeûne. En 1789, il n’y a plus que des femmes au culte pour célébrer le jeûne... La tradition semble s’endormir.

Pendant la Révolution, l’annexion française et la restauration (1793-1831), la célébration du jeûne continue chaque année. Mais depuis l’annexion de Genève à la France (15 avril 1798), les jeûnes ne sont plus célébrés sur l’invitation des cantons suisses qui formaient la République helvétique ; c’est l’Eglise protestante de Genève qui les organise. Les jeûnes prennent dès lors un sens nouveau : résistance du protestantisme contre « l’envahisseur » catholique. Les cultes célébrant ces journées connaissent alors de nouveau une forte fréquentation. Sur le fond des graves événements d’alors, les Genevois attribuent à cette cérémonie une importance et une fonction toutes nouvelles. Pendant la période française (1798-1813), le jeûne devient une fête patriotique : il permet l’affirmation de l’identité genevoise et protestante.

Le 8 septembre 1814, le premier jeûne célébré dans la Genève libérée connaît encore une grande affluence.

En 1815, la Compagnie des pasteurs de Genève accepte, à titre exceptionnel, de se joindre aux célébrations du jeûne interconfessionnel du vendredi (pour les catholiques et les protestants) organisé par la Diète fédérale.

Mais dès 1816, les cantons protestants reviennent à leur ancienne coutume du jeudi et célèbrent seuls leur jeûne le premier jeudi de septembre. Genève se joint à eux. Jusqu’en 1831, les célébrations catholique et protestante ont lieu séparément ; la tentative d’établir un même jeûne pour les deux confessions a échoué.

En 1831, le jeûne interconfessionnel, toujours fixé par la Diète fédérale au 8 septembre, tombe sur un jeudi. Genève le célèbre donc puisqu’il tombe sur le jour de sa célébration traditionnelle.

Les difficultés commencent l’année suivante : la Diète fédérale décide que le jeûne sera célébré le 3e dimanche de septembre. Le Conseil d’Etat de Genève communique à la Compagnie des pasteurs ce nouvel arrêté sans que personne ne puisse donner son avis. Les protestants ne sont pas d’accord.

Pour comprendre ce refus, il faut imaginer la situation de Genève, et des protestants en particulier, depuis la Restauration. Après la chute de Napoléon, les territoires européens sont redistribués. Les Genevois, qui veulent adhérer à la Suisse, doivent désenclaver leurs campagnes, donc agrandir leur territoire. Ils reçoivent alors des territoires français et savoyards (sardes) entre 1814 et 1816, les communes réunies. Les protestants, par un réflexe de défense, se raccrochent à des traditions dans lesquelles ils se reconnaissent.

Le mardi 5 septembre 1837, une affichette est distribuée dans la ville. Elle annonce le Rétablissement du Jeûne genevois au jeudi 7 septembre : une cérémonie improvisée et par conséquent illégale, puisque les services religieux ne peuvent être fixés qu’avec l’approbation du Conseil d’Etat ! Le jeûne est quand même célébré ce jeudi 7, avec ferveur semble-t-il ; ses partisans disent même que 12'000 personnes se rendirent dans les temples. La situation s'aggrave pour la raison suivante : le pasteur Chenevière décide de répéter l’après-midi à Saint-Pierre le sermon tenu le matin à la Madeleine, et il tient des propos que le gouvernement considère comme des attaques. Le pasteur fait remonter l’origine du jeûne à la commémoration du massacre de la Saint-Barthélémy (1572). Cette erreur historique n’est pas fortuite, mais calculée, même si le calcul est inconscient : faire naître le jeûne dans un contexte de persécutions et de résistance au catholicisme permet de justifier par sa commémoration une attitude semblable.

Le Conseil d’Etat réagit en suspendant Chenevière de ses fonctions pour 6 mois. Cette suspension, pour des motifs plus politiques qu’ecclésiastiques, provoque des remous. 1837 marque un tournant : le jeûne genevois est désormais compris comme la fête de la nationalité genevoise et protestante qui recherche dans ce qu’elle considère comme « la tradition des Pères » la force de résistance aux influences de l’étranger, du catholicisme et d’un Etat qui sans se montrer persécuteur, s’oblige à la neutralité confessionnelle. Ces caractéristiques du jeûne sont désormais liées à son histoire.

De 1838 à 1844, le Conseil d'Etat, sentant que l’opinion protestante froissée réclame le rétablissement du jeûne, autorise chaque année la célébration le jeudi qui suit le 1er dimanche de septembre.

En 1844, une loi est adoptée qui déclare férié ce jour de l’ancien jeûne. Cette loi impose l’obligation de distinguer les deux jeûnes et de donner à chacun une coloration particulière : le jeûne genevois est un jour de prière, le jeûne fédéral, une journée d’amour de la patrie helvétique.

A partir de 1850, le jeûne genevois connaît un lent déclin. Les traditions ne sont plus respectées, des magasins sont ouverts, on travaille dans beaucoup d’ateliers ce jour-là. En 1859, un pasteur propose même de supprimer purement et simplement le jeûne genevois qui n’est plus vraiment célébré.

En 1869, le jeûne genevois est supprimé comme jour férié. Le jeûne fédéral, lui, continue à être un jour férié légal. Pendant environ 100 ans, le jeûne genevois végète, très peu célébré. Il perd de plus en plus de sa signification première, devenant une simple occasion d’aller faire un repas entre amis.

En 1907, année de la séparation de l’Eglise et de l’Etat à Genève, une forte proportion de la population protestante se sent menacée par les modifications auxquelles leur Eglise est soumise. On décide alors de demander aux pasteurs de donner au culte ce jour-là des détails historiques pour grouper les protestants genevois et maintenir dans leur mémoire le souvenir des persécutions qu’ont dû subir leurs ancêtres.

En 1966, une nouvelle loi rétablit le jeûne genevois dans la liste des jours fériés.

 

Sources :

Olivier Fatio, Le Jeûne genevois, réalité et mythe, Genève, 1972. Tiré à part du Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie, réédition Genève 1994.

Feuille d'avis officielle du 04.09.2002.

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